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Sylvie Beauce, 23 ans, a passé son année de
maîtrise d'italien à l'universita degli studi de Milan, avant de revenir préparer
son CAPES à la fac de Grenoble 3. |
Comment as-tu préparé ton départ ?
"J'étais
assez anxieuse, car mes conditions de séjour étaient incertaines. Malgré les
accords qui unissent ma fac et celle de Milan, les informations ne passaient
pas... Par exemple, en septembre, je ne savais toujours pas quand était prévue
ma rentrée scolaire, et surtout si j'avais droit à un logement en cité U.
Finalement, j'ai décidé de partir fin septembre, un peu à l'aventure, sans
savoir où j'allais être logée". Comment cela s'est-il passé une fois
sur place ?
"En fait, je suis arrivée bien avant la rentrée universitaire.
Et c'est ce qui m'a sauvée ! Les chambres étudiantes sont réservées en priorité
aux Italiens. En débarquant avant tout le monde, j'ai pu obtenir une des rares
chambres individuelles réservées aux étrangers. Là-bas, c'est le système du
premier arrivé, premier servi ! Ceux qui ne sont pas admis doivent se trouver
des appartements, mais les locations sont rares et les loyers milanais sont
aussi élevés qu'à Paris. Les autres Français ont dû passer des petites annonces
pour partager une chambre à deux ou trois". Comment se déroulent les enseignements
?
"J'ai eu la chance de suivre des cours assez interactifs dans des
classes regroupant une trentaine d'élèves, alors que les Italiens sont plutôt
habitués aux amphis bondés et à un enseignement très théorique. Mais la différence
par rapport au système français, c'est la gestion de l'emploi du temps. Chez
nous, on impose un planning en début d'année. En Italie, chaque étudiant choisit
ses matières, ses professeurs et ses cours. Lorsqu'on m'a donné la liste des
cours que je pouvais suivre, j'étais perdue, mais un professeur chargé des
échanges avec l'étranger m'a aidée. En fait, je n'avais qu'une matière obligatoire
par semestre. Je n'avais donc que six heures de cours hebdomadaires". Avec si peu d'heures de cours, n'a-t-on
pas tendance à "farnienter" ?
"Contrairement aux idées reçues, les
universités offrent un cadre très studieux. Les Italiens savent que pour trouver
un emploi, ils doivent travailler dur et réussir leurs études. Pour les examens,
ils ont des dizaines de livres à apprendre par coeur et ils doivent fournir
un gros travail personnel. La bibliothèque était un lieu très vivant dans
lequel je n'étais pas isolée. Je m'y rendais à heures fixes comme pour un
cours. De toute façon, pour occuper mon temps, je n'avais pas le choix : je
n'ai pas trouvé de job et les stages n'existent pas". Est-ce indispensable de partir en Italie
pour suivre un seul enseignement, en l'occurrence un cursus d'italien ?
"Absolument
! Ça a été très utile pour la réalisation de mon mémoire. Ma prof d'italien
en France est une spécialiste de la littérature pour enfants. J'ai donc décidé
avec elle que mon mémoire porterait sur un auteur de contes italiens. C'est
un écrivain passionnant, mais très peu connu chez nous. Pour multiplier mes
sources documentaires et trouver un maximum d'ouvrages et d'articles
sur lui, il m'était indispensable de venir en Italie". Quelles sont les distractions ?
"Milan
est une grande ville industrielle. Au début, tu trouves ça austère, mais le
centre est agréable, il y a de nombreux monuments historiques et des bars
branchés dans les quartiers de Brera et de Porta Ticinese. Les Français se
rassemblent dans le coin de San Siro, appelé d'ailleurs le quartier français.
Et puis, le week-end, grâce aux associations étudiantes, je faisais des escapades
vers les grands lacs, les stations de ski d'Aoste, mais aussi à Venise, Naples...
Le tout est à deux heures de voiture de Milan. C'est idéal pour se dépayser
!"
| SES
RECETTES : |
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SES
DEPENSES : |
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Bourse régionale Rhône-Alpes : 382 €
Aide des parents : 230 € |
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Loyer en chambre universitaire : 182 €
Nourriture : 152 €
Sorties, voyages : 229 €
Fournitures : 45 € |
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